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Limaces

Description

Deux espèces sont principalement nuisibles :

  • Limace grise ou loche mesure 4 à 5 cm de long. Jeune elle est de couleur rose violacée, adulte elle est de couleur gris beige. Elle secrète un mucus blanc laiteux. Elle vit environ un an, pond environ 300 oeufs et se reproduit une ou plusieurs fois.
  • Les limaces noires (qui comprennent plusieurs espèces) mesurent 2,5 à 4 cm de long. Jeunes elles sont de couleur gris bleuâtre, adulte elles sont de couleur noire. Elles secrètent un mucus incolore. Elle vit de sept mois à un an, pondent environ 150 à 200 oeufs et se reproduit une ou deux fois.

Localement d’autres espèces peuvent être nuisibles comme la limace rousse, par exemple, fréquente dans le Sud-Ouest sur tournesol
Les limaces font preuve d'activité essentiellement nocturne. De jour, elles ont tendance à rester immobiles, cachées à l'abri de la lumière.

De nuit, en conditions favorables (température, humidité), elles s'activent et cherchent à s'alimenter, à proximité immédiate ou, si la nourriture manque sur place et si elles ont la possibilité de se déplacer (sol humide en surface), en menant une prospection active. Une limace grise peut parcourir jusqu'à 3 m par nuit.

Dégâts

  • La limace peut occasionner des problèmes importants dans les cultures de tournesol.
  • Les limaces sont très nuisibles lorsqu'elles sont actives (et ont la possibilité de se déplacer) en période de levée des cultures. Elles attaquent la plantule au point de rencontre, et souvent entament l'hypocotyle sans consommer davantage. De très nombreuses plantules sont donc détruites ou voient leur croissance stoppée par simple section de l'hypocotyle.
  • Sur des plantules plus développées, les limaces restent plus facilement sur le même pied. Lorsque les cotylédons sont étalés et que l’appareil foliaire s’est développé, la plante est moins sensible aux attaques de limaces. Les dégâts sont alors directement liés à l'importance des prélèvements alimentaires des limaces qui consomment jusqu'à l'équivalent de 50% de son poids par période de 24h.
  • Dans certaines situations, les niveaux de populations de limaces peuvent être extrêmement élevés, de l’ordre de plusieurs centaines d’individus au m².

Facteurs favorisants

  • Climat doux et humide (cependant elle se rencontre dans toutes les régions).
  • Sol argileux, humide et creux et motteux qui offrent des abris multiples et plus longtemps frais et humides. Du semis à la levée, les limaces peuvent se déplacer dans les interstices proches de la surface du sol.
  • Un couvert végétal d’une culture dense constitue un milieu très favorable à l’activité soutenue et à la multiplication des limaces.
  • Températures douces et pluies.
  • Des parcelles fréquemment attaquées par les limaces.
  • La présence de paille ou de résidus mal dispersés
  • Des rotations herbagères.
  • Des successions de cultures d’hiver;
  • En la phase critique d'implantation de la culture, il suffit de quelques limaces au m2 dans une culture de colza ou de tournesol pour la détruire, si les conditions sont à la fois favorable à une activité maximale des ravageurs et défavorable à une levée rapide et vigoureuse (temps frais et humide, préparation de sol non optimale).
  • La proximité de bois ou de friches.
  • Des bas fonds.

Moyens de lutte

  • Pour évaluer le risque sur la parcelle, vérifier la présence des limaces pendant l’interculture et avant le semis en période humide ou de pluie.
    • Par observation directe des limaces actives sur le sol humide en surface, avant qu’il ne fasse trop jour.
    • Par piégeage. Il suffit de disposer un abri sur la surface du sol (carton plastifié, tuile, soucoupe plastique, planche etc.) ou, mieux, un véritable piège à limaces.
    • Par application localisée d’antilimaces (sauf métaldéhyde qui laisse le temps aux limaces de s’enfouir avant de mourir). Disperser les granulés sur quelques mètres carrés (sol humide ou pluie annoncée). Le lendemain, au matin, la présence de limaces mortes renseigne sur l’activité de la nuit écoulée.
  • Après des façons superficielles et un semis, le sol se dessèche souvent en surface. Dans ces conditions les limaces peuvent être présentes en nombre, mais elles ne se déplacent pas et n’occasionnent pas de dégâts.
  • Traiter dès le semis ou juste après si une attaque est attendue en dispersant un granulé anti-limaces, bien réparti à la surface du sol. Dans tous les cas, le traitement doit être effectué avant que le tournesol ne germe.
    Les pertes de plantules à la levée sont en effet irréversibles. Même en cas de traitement au semis, la surveillance de toutes les parcelles doit être assurée à la levée, en cas de sol humide en surface ou de pluie.
  • Une application localisée peut être envisagée, en bande suffisamment large sur la ligne de semis, lorsque l'espace entre rangs est important.
  • Eviter les traitements inutiles car certains antilimaces peuvent avoir un effet défavorable sur la faune du sol (vers de terre, carabes, etc.).
  • La nuisibilité de l'attaque diminue très rapidement après l'étalement des cotylédons et le renforcement de l'hypocotyle.
  • Bien répartir au sol un appât appétant, facile à trouver par la limace et consommé en quantité suffisant
  • La reprise d’activité des limaces peut être échelonnée en cas de réhumidification progressive du sol. Il ne faut donc pas attendre une efficacité totale d’un traitement molluscicide.
  • Choisir un granulé qui tient bien à l’humidité et à la pluie. Les appâts les moins élaborés risquent d’être dispersés sous une pluie un peu violente ou de se dissocier assez rapidement après un premier mouillage.
  • La qualité du granulé intervient également sur les performances balistiques du granulé et la qualité de la répartition du traitement à la surface du sol, en particulier, en grandes largeurs de travail au champ.
  • Le choix du produit peut être déterminé par le type de matériel utilisé : dispersion grande largeur (centrifuge) ou localisée (microgranulateur).
  • Respecter la dose et préserver la faune auxiliaire : outre la nécessité d’une dose efficace, les molluscicides constituent des appâts appréciés par d’autres animaux que les limaces. Il est donc nécessaire d’éviter les traitements non justifiés, les surdosages en pourtour de parcelles et les mauvaises dispersions sur le sol.
  • Les Coléoptères prédateurs, certains Carabidés et Staphylinidés par exemple, jouent un rôle dans la régulation des populations de limaces. L’activité des adultes et des larves de Carabidés s’exerce préférentiellement au niveau du sol, aux dépens des oeufs et des jeunes limaces. Les cycles biologiques des Staphylinidés restent souvent mal connus. Ces auxiliaires sont à protéger.
  • Les anti-limaces comportent généralement un produit visant à limiter toute consommation accidentelle par des vertébrés (répulsif chiens et chats).
  • Le mélange avec la semence n'est pas conseillé.
  • Respecter les ZNT (zone non traitée) des spécialités commerciales = 5 m par défaut. - DAR (délai avant récolte) des spécialités commerciales = 3 jours par défaut.

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