Blue Flower

Sclérotinia du tournesol

(Sclérotinia sclerotiorum)
 

Le sclérotinia est présent dans toutes les zones de production du tournesol. Capable de se conserver pendant des années dans le sol sous forme de sclérotes, il constitue un danger permanent pour la culture.

Symptômes

  • Sur tous les organes de la plante : collet, bouton, feuille/tige et capitule.
  • Les attaques sur capitule se produisent en périodes pluvieuses pendant la floraison. Le champignon envahit progressivement l’éponge, provoquant l’apparition de taches de pourriture molle beige clair au dos du capitule. Il colonise ensuite tout le capitule et un abondant mycélium blanc apparaît sur sa face fleurie. Ce mycélium sera à l’origine de la formation d’une grille de sclérotes entourant les graines. Le capitule est alors complètement détruit. Les graines et les sclérotes tombant au sol, seul subsiste un « balai de sorcière ».
  • Le mycélium issu de la germination des sclérotes est à l’origine des attaques au collet. L’invasion d’une racine puis du bas de la tige par le champignon se manifeste par une tache de pourriture humide au niveau du collet, cette tache se recouvrant d’un abondant mycélium blanc. La plante flétrit alors rapidement et de nombreux sclérotes apparaissent à l’intérieur et à l’extérieur de la zone atteinte.
  • Les attaques sur bouton résultent d’une contamination précoce des jeunes feuilles apicales formant une rosette autour du bouton. La contamination a lieu au stade 6-8 feuilles. Si un temps doux et humide s’installe (en mai-juin), l’infection progresse rapidement vers le cœur du bouton et la pourriture le détruit complètement.
  • Les attaques sur tige peuvent résulter d’une contamination précoce des feuilles apicales, qui évolue en une pourriture blanche gagnant la tige lorsque les conditions climatiques sont favorables (temps doux et humide) ou bien d’une contamination des feuilles adultes qui peut se produire durant toute la période de végétation du tournesol et les taches de pourriture beiges et molles, atteignant rapidement la tige en conditions climatiques douces et humides.
  • Sur la tige, la maladie forme une plage blanchâtre qui s’étend et entraîne progressivement le flétrissement, puis la casse de la plante.

Thumbnail image
Carpophores à maturité sur un sclérote

Photo© COURTILLOT M., INRA

Thumbnail image
 

Capitule de Tournesol montrant ses fibres libéro-ligneuses après désagrégation par la Pourriture blanche

Photo© LAMARQUE C., INRA

Thumbnail image

Contamination secondaire d'une feuille d'un pied de Tournesol par une plante voisine atteinte précédemment de Pourriture blanche

Photo© LAMARQUE C., INRA

Thumbnail image
 

Formation de sclérotes au niveau d'un noeud d'une tige de Tournesol par agrégation de mycélium

Photo© SLAGMULDER C., INRA

Cycle de développement

  • Sclerotinia sclerotiorum se conserve sous forme de sclérotes et de mycélium libre dans le sol.
  • Il est également véhiculé par les lots de semences où il se trouve le plus souvent sous forme de sclérotes
    Lorsque les sclérotes se trouvent au contact direct des racines, ils peuvent germer et coloniser la plante au niveau du pivot, du collet ou de la base de la tige. Le plus souvent les sclérotes situés dans les couches supérieures du sol (entre 3 et 5 cm de profondeur) germent sous forme d'apothécies. Ces dernières produisent des asques qui libèrent des ascospores. Les ascospores se déposent sur tous les organes des plantes situées à proximité des foyers d'apothécies.

Dégâts

Les attaques sur capitule sont souvent les plus dommageables avec des pertes de rendement pouvant atteindre 50%.

Méthodes de lutte

Le tournesol ne disposant pas de résistance globale face à cette maladie, chaque organe a son propre niveau de résistance. Une même variété peut être sensible aux attaques au collet et peu sensible aux attaques sur capitule. Il n’existe aucun moyen de lutte fongicide contre ces différentes formes d’attaque.

  • Sclérotinia sur capitule (toutes régions de production, sauf le Sud-Est).

    • Les variétés sensibles sont déconseillées.
    • Les attaques les plus nuisibles sont souvent observées sur les récoltes tardives. Pour limiter les dégâts, récolter début septembre, en adaptant la date de semis et la précocité variétale à la région.
    • ne pas irriguer en pleine floraison pour limiter les attaques, surtout si les prévisions météo annoncent un temps perturbé.
  • Sclérotinia au collet (particulièrement en Poitou-Charentes, dans le Centre et en Limagne).

    La fréquence des attaques et leur gravité dépend de la densité de sclérotes dans le sol et du type de sol : la maladie est en effet plus présente dans les sols riches en matières organiques (terres de limons et marais).

    Dans les zones touchées :

    • privilégier les variétés peu sensibles
    • éviter les peuplements denses pour réduire le risque de propagation d’une plante à l’autre par les racines.
  • Sclérotinia sur bouton (partout, sauf Sud-Est et Sud-Ouest où elle est moins fréquente).

    • utiliser des variétés peu sensibles
    • éviter des apports d’azote excessifs
    • lutter contre les attaques précoces de pucerons qui engendrent des crispations sur les feuilles du bouton et sont autant de sites potentiels de contamination.
  • Sclérotinia sur tige (le moins fréquent)

    Il n’existe pas de classification des variétés pour ce type d’attaque.

    • éviter des apports d’azote excessifs
    • lutter contre les attaques précoces de pucerons qui engendrent des crispations sur les feuilles du bouton et sont autant de sites potentiels de contamination.

La lutte à l'aide d'un agent biologique est possible depuis qu’une préparation fongique biologique à base de spores de Coniothyrium minitans, est homologué pour l'usage sclérotinia.

Les spores de C. minitans sont capables de germer et d'envahir le sclérote (forme de conservation du sclérotinia) qui va progressivement être altéré et détruit dans un délai de un à deux mois selon le contexte climatique. Pour être efficace, cette préparation doit donc être mise en contact direct avec les sclérotes.

Deux types d'application possibles

  1. l’une avec incorporation superficielle en pré-semis en première utilisation. Ce traitement préventif pour la culture vise la destruction des sclérotes superficiels pour conduire à une réduction de la pression d'inoculum et notamment la quantité d’ascospores à l’origine des contaminations du bouton ou du capitule.
  2. l’autre par application sur résidus de récolte contaminés à dose variable selon la quantité de sclérotes dans la culture atteinte, cet usage « curatif pour la parcelle » est particulièrement intéressant pour réduire le stock de sclérotes du sol responsables notamment des attaques de sclérotinia au collet lors de la prochaine implantation de tournesol.

Enfouir les résidus après le traitement pour favoriser la conservation de l'agent biologique, sensible aux conditions sèches.

Haut de la page