Blue Flower

Mildiou du Tournesol

(Plasmopara halstedii)

Symptômes

  • Ils sont d’autant plus graves que l’attaque est précoce, sur des variétés sensibles.
  • Des contaminations primaires à la levée peuvent être responsables de fonte de semis.
  • Avant le stade 2-4 feuilles, les entre-noeuds raccourcissent et des phénomènes de nanisme apparaissent. Les feuilles montrent des taches chlorotiques réparties le long des nervures principales, puis sur la totalité du limbe. Leur face inférieure est recouverte d’un feutrage blanc. Ces plantes de taille très réduite (moins de 25 cm) sont totalement improductives et disparaissent précocement.
  • Au stade 4 à 8 feuilles, des contaminations tardives et systémiques à partir du bouton peuvent causer un raccourcissement des derniers entre-noeuds. Les feuilles présentent toujours des taches chlorotiques le long des nervures principales, puis sur la totalité du limbe (symptôme en “aile de fougère”). Elles sont tapissées d’un feutrage blanc à leur face inférieure. Selon le niveau de contamination, les plantes ont une taille plus ou moins réduite et un capitule dressé vers le ciel, avec peu ou pas de graines.
  • Après le stade 8 feuilles, les contaminations secondaires les plus tardives sur feuilles se manifestent sous forme de taches chlorotiques anguleuses, dispersées sur le limbe (symptôme en “point de tapisserie”), avec un feutrage à la face inférieure. Les plantes touchées conservent une taille et un aspect normaux et le rendement est affecté.
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Foyer de Mildiou dans une parcelle de Tournesol montrant les plantes naine issues de la contamination primaire Tâches en "points de tapisserie" provoquées par le Mildiou
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Feutrage de Mildiou à la face inférieure d'un apex de Tournesol issu d'une forte contamination secondaire Tâches en "points de tapisserie" provoquées par le Mildiou
Photos© LAMARQUE C., INRA

Cycle de développement

  • Les oospores, forme de résistance de Plasmopara halstedii sont conservées dans le sol dans les débris de culture. Plus rarement le mycélium se conserve dans les semences.
  • Les oospores sont disséminées dans le sol par les eaux de ruissellement et germent pour donner des zooporanges.
  • Les zoospores mobiles issues des zoosporanges vont constituer l'inoculum primaire capable d'infecter les jeunes plantules. Elles germent à proximité des racines, au niveau de la zone pilifère. La colonisation de l'axe hypocotylé puis de la tige se réalise par l'intermédiaire d'un mycélium systémique et intercellulaire. Une fructification (formation de zoosporanges) se produit au niveau des racines et des épidermes inférieurs des cotylédons et des feuilles.
  • Au niveau des racines, ces zoosporanges libèrent à nouveau des zoospores qui attaquent les plantes proches du foyer primaire tandis que les zoosporanges aériens sont disséminés par le vent sur les bourgeons apicaux de nouvelles plantes donnant à la maladie un aspect épidémique. En fin de maturité des plantes, des oospores se forment dans les feuilles infectées.

Moyens de lutte

  • N'utiliser que des semences certifiées.
  • Diversifier le choix variétal. L'alternance des variétés en fonction de leurs gènes de résistance a pour effet de réduire les risques de contournement de leur résistance. Il s’agit d’éviter l’utilisation systématique et exclusive de variétés apportant la résistance à toutes les races car cette pratique favorise l’apparition de nouvelles races virulentes sur tous les gènes de résistance du tournesol encore efficaces. Il faut donc bien connaître les variétés (voir catalogue Officiel des Variétés : http://www.geves.fr). Une gamme assez large d’hybrides utilisables sans traitement de semences est disponible depuis 2006.
  • Alterner semences traitées et non traitées
  • L’utilisation systématique du fongicide à base de méfénoxam dans une même parcelle doit être évitée car cela entraînerait l'apparition de souches de mildiou résistantes (il s’agit donc de préserver l’efficacité du seul traitement de semences anti-mildiou disponible.

    Il est donc conseillé de semer du tournesol non traité autant que possible dans les cas suivants :

    • dans les parcelles situées dans des régions où aucune nouvelle race n’est apparue récemment et où les conditions de culture du tournesol font que ce risque est faible : rotation longue, absence de mouillères, pas d’attaque de mildiou importante depuis 10 ans,
    • avec des variétés résistantes à toutes les races de mildiou identifiées,
    • avec des variétés résistantes à une majorité de races présentes, sur les bassins de production où le réseau de surveillance n’a détecté aucune des races auxquelles elles sont sensibles.
  • Eviter de semer avant une prévision météorologique (à 5 jours) de forte pluie.
  • La préparation du sol doit favoriser la circulation de l'eau. Les tassements et les sols soufflés en surface doivent être évités car les contaminations primaires, les plus dommageables, ont lieu au moment de la germination des semences et sont favorisées par une abondante présence d'eau dans le sol. Les semis ne doivent donc pas se trouver "les pieds dans l'eau" au moment de la germination.
  • Allonger les rotations du tournesol pour éviter le retour trop fréquent favorable aux plus fortes attaques. Le niveau d'infestation d'une parcelle dépend de la présence de plantes atteintes de mildiou les deux années précédentes. En cas d'attaque, le retour du tournesol une année sur trois dans les parcelles permet de réduire le risque.
  • Détruire les repousses de tournesol dès leur apparition tant dans la culture que dans les cultures adjacentes et les jachères. Les repousses issues de graines contaminées tombées au sol avant la récolte constituent un réservoir d'inoculum responsable de contaminations secondaires précoces graves.
  • Bien désherber car le mildiou peut aussi être entretenu par d’autres hôtes tels que les plantes de la famille des Composées. Eliminer des espèces telles qu’ambroisie, bident, xanthium et centaurées.

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