Blue Flower

Sclérotinia

(Sclerotinia sclerotiorum)

Symptômes

Le sclérotinia attaque feuilles, collets, tiges et siliques.

Tache-de-sclerotinia-sur-feuille
Feuille : formation de taches de contamination
là où des pétales ont adhéré

 

sclero_tige sclero_tige2
Tiges : des taches blanchâtres et se développent
à partir de la jonction des pétioles et de la tige.
En fin de cycle, si les conditions sont favorables,
des sclérotes se développent dans les tiges

Photos ©JF. Faurant,Vialaudis

  • Se manifestent sur les feuilles, les collets, les tiges et les siliques.
  • A la fin de l'hiver ou à la reprise de végétation, les feuilles de la rosette peuvent devenir molles et translucides puis se recouvrir d'amas mycéliens blancs, compacts, souvent disposés le long du pétiole.
  • La maladie se développe sur une feuille à partir d’un pétale collé sur le limbe.
  • Des taches blanchâtres et enveloppantes se développent sur la tige centrées sur le point d'insertion du pétiole à l’aisselle des feuilles ; des sclérotes apparaissent par la suite dans et sur les tiges, en détruisent les tissus. La partie supérieure n’étant plus alimentée, échaude et souvent, à ce stade, la tige plie.
  • En conditions humides, les taches se recouvrent d'une pourriture blanche caractéristique pouvant condenser en sclérotes : amas de mycélium noir à l'extérieur et blanc à l'intérieur, de forme et de taille variables (quelques mm à plus de 1 cm).
  • En conditions climatiques moins favorables, il n'y a pas de formation de sclérotes. L'attaque se traduit par un aspect parcheminé avec des stries concentriques mauves ayant pour centre l'insertion du pétiole.
  • Au cours de la floraison, des taches décolorées apparaissent au niveau d'un ou plusieurs noeuds.
    Au niveau des noeuds attaqués, un mycélium caractéristique et des sclérotes apparaissent parfois.
    La tige fendue montrera le plus souvent un chapelet de sclérotes
  • Les siliques peuvent être touchées : elles blanchissent et se dessèchent. Des sclérotes peuvent également s'y former.

Cycle de développement

  • Se conserve dans le sol pendant 6 à 10 ans sous forme de sclérotes (petits amas de mycélium noirs et irréguliers).
    Au printemps, lorsque le sol est humide, les sclérotes forment des apothécies (bouquets de petits disques beiges au ras du sol) qui libèrent des spores dans l’atmosphère.
  • Au cours de leur dissémination, les spores vont contaminer les pétales de colza qui en tombant et en se fixant sur les feuilles permettent au mycélium de coloniser le limbe puis le pétiole et la tige.
  • La germination des sclérotes sous forme d'apothécies a lieu à partir de 5° C et il faut un minimum de 92% d'humidité relative pour que les ascospores germent sur les pétales.
  • Les nouveaux sclérotes formés dans la tige tombent au sol à la récolte et s’y conservent pendant des années. Ils sont prêts à reproduire un nouveau cycle d’épidémie en cas de conditions climatiques favorables.
  • Le sclérotinia contamine le colza dès le début de la floraison et pendant toute la durée de celle-ci.
  • Dans certaines situations, les sclérotes peuvent également donner directement naissance à un mycélium, qui attaque le collet et les racines des plantes.

Facteur favorisant

Lors de printemps doux et humides, les pétales adhérent davantage aux feuilles et la germination des spores est plus rapide.

Dégâts

  • Les pertes de rendement résultent principalement d'un échaudage qui provoque une réduction du poids de mille grains et un égrenage plus ou moins important selon la précocité de l'attaque et le pourcentage de pieds atteints.
  • La nuisibilité est forte : au-dessus de 20% de pieds attaqués, chaque tranche de 10% d'attaque supplémentaire entraîne une perte de 1,5 à 3 q/ha.

Moyens de lutte

La lutte contre le sclérotinia ne doit pas être systématique mais doit s'effectuer en fonction du climat à la floraison, du risque agronomique (retour fréquent des cultures sensibles, attaques antérieures) et du milieu (fond de vallée ou sols peu filtrants).

  • à l’aide d’un agent biologique

    Seuls les sols acides peuvent être traités en post semis – prélevée avec une spécialité contenant un agent biologique à base de spores de Coniothyrium minitans, champignon parasite des sclérotes de sclérotinia dont les spores sont capables de germer et d'envahir le sclérote avec lequel il est mis en contact. Ce sclérote va être progressivement altéré, devenir inapte à produire des spores et être finalement détruit sous un ou deux mois selon le contexte climatique.

    • En préventif : par pulvérisation et incorporation avant le semis du colza, ce qui permet la destruction des sclérotes superficiels qui permet de réduire la pression d'inoculum (émission d’ascospores qui contaminent les fleurs de colza) et limiter les attaques des tiges de colza.
    • En curatif : par pulvérisation sur les résidus de cultures infectés. L’infection des sclérotes par C.minitans contribue à réduire le stock de sclérotes du sol et, en conséquence, à prévenir une pression parasitaire ultérieure de sclérotinia. Il convient de renouveler le traitement chaque année pour parvenir à moyen terme à réduire le potentiel infectieux du sol
  • par traitement fongicide

    Le traitement sera fonction d'un risque sclérotinia avéré, au stade G1 (chute des premiers pétales, période où les premières siliques apparaissent sur plus de 50% des plantes).

    • Traiter trop tôt ne permet de protéger que peu de fleurs et fait prendre le risque de ne pas couvrir des contaminations tardives. Traiter trop tard ne permet plus une bonne répartition sur l’ensemble des feuilles.
    • Alterner les familles de substances fongicides pour limiter les risques de résistance
      En aucun cas la protection n'est curative.

Autres dispositions

  • Eviter les fortes densités de semis et réduire la fumure azotée.
  • Eviter les précédents tels que les colzas, tournesols, sojas, pois, féveroles ou luzernes qui, fréquents dans la rotation favorisent la maladie, ainsi que les cultures sensibles irriguées à la proximité de la parcelle.

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